Hypertec Group in Les Affaires Article on Manufacturing

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Le retour en force des usines d’assemblage électronique au Canada

Derrière l’iPhone, on peut lire «Conçu par Apple en Californie. Assemblé en Chine.» La mention ne résume pas seulement la stratégie d’Apple, mais celle de l’immense majorité des entreprises technologiques occidentales. Malgré tout, plusieurs usines d’assemblage électronique prospèrent chez nous. L’une d’entre elles, Varitron, a même reçu quatre millions de dollars d’Investissement Québec au début du mois de mars pour financer sa croissance de près de 20 % par année.

Les coûts de main-d’oeuvre augmentent rapidement en Asie. Personne ne s’attend à ce qu’une usine québécoise produise 150 000 iPhone par jour à un prix concurrentiel, mais le professeur à l’Université McGill Saibal Ray soutient qu’aujourd’hui, les entreprises occidentales rapatrient certaines productions de l’Asie : «Les usines chinoises souhaitent de moins en moins réaliser de petits volumes et exigent généralement d’être payées dès que la marchandise sort de leurs installations, alors que les usines locales sont généralement plus souples et plus accessibles», explique le spécialiste des chaînes d’approvisionnement.

Martial Vincent, pdg de Varitron Technologies, de Longueuil, abonde dans le même sens : «Depuis un an, on ramène des contrats de production de l’Asie», dit-il.

 

Proximité et services

«Notre force, c’est d’appuyer nos clients durant la phase de développement, ce qui se fait difficilement à distance», explique Martial Vincent.
Varitron, qui exporte plus de la moitié de sa production, compte notamment parmi ses clients sa voisine Trilliant, une entreprise de Granby qui lui confie l’assemblage de cartes de télécommunication. Ces cartes entrent dans la composition des compteurs intelligents d’Hydro One en Ontario et de différents fournisseurs d’électricité du nord-est des États-Unis.
Selon Martial Vincent, il est possible d’assembler de l’électronique à un coût raisonnable au Québec, pourvu que certaines conditions soient réunies. Dans le cas contraire, Varitron n’hésite pas à aider ses clients à établir une partie de leur production à l’étranger : «Nous avons aidé un client à délocaliser une partie de la production en Tunisie, tout en conservant au Québec sa portion la plus sensible», relate Martial Vincent.
Au-delà des frais de transport, les entreprises qui délocalisent en Asie doivent tenir compte d’impondérables tels que les problèmes de communication et les délais supplémentaires requis en cas d’imprévu. Si on tient compte de ces coûts, l’Asie cesse souvent d’être l’option la plus abordable. «C’est faux de croire que ça revient toujours plus cher de faire assembler ici, soutient Jonathan Ahdoot, vice-président des ventes du groupe montréalais Hypertec. Si on tient compte de la qualité et du service, ça revient souvent moins cher.»
Le groupe Hypertec concurrence des géants comme Dell, dont une grande partie des activités d’assemblage sont délocalisées en Asie, sur le marché de la vente d’ordinateurs de bureau et de serveurs aux entreprises. L’entreprise, dont près de la moitié des employés sont affectés à l’assemblage, réussit à battre les prix de ses concurrents dans le cadre de certains appels d’offres de grandes organisations : «Dès qu’un client a besoin d’un certain niveau de personnalisation ou de flexibilité, assembler localement devient un avantage», explique Jonathan Ahdoot.

 

Assemblage et service après-vente

OCM Manufacturing, une usine d’Ottawa, tire elle aussi son épingle du jeu en offrant des services à ses clients. L’entreprise assemble non seulement leur produit, mais, dans certains cas, les achemine à l’utilisateur final et assure le service après-vente auprès de celui-ci : «Certains de nos clients ne voient jamais leur produit fini», explique Michel Jullian, président du conseil de l’entreprise.
Celui-ci affirme que la tendance de la délocalisation n’a jamais pesé sur le bilan d’OCM Manufacturing, qui est spécialisée dans les petits volumes. Bien au contraire, elle lui a donné un coup de pouce, puisque certains fabricants européens lui confient l’assemblage de produits destinés à leurs clients nord-américains. «Il y a eu une période où tout le monde allait en Chine parce qu’il fallait y aller, mais ceux qui ont mal évalué leurs besoins ont vite compris qu’ils avaient commis une grande erreur.»

 

DES USINES CANADIENNES ET PROSPÈRES

  • Groupe Hypertec
  • Chiffre d’affaires : 200 M$
  • Nombre d’employés : 400
  • Lieu de production : Montréal
  • Varitron Technologies
  • Chiffre d’affaires : 45 M$
  • Nombre d’employés : 225
  • Lieux de production : Saint-Hubert et Granby
  • OCM Manufacturing
  • Chiffre d’affaires : 10 M$
  • Nombre d’employés : 50
  • Lieu de production : Ottawa

15,8

 

 

Chiffre d’affaires, en milliards de dollars, de l’industrie manufacturière dans le secteur de l’électronique au Canada en 2011, en légère hausse après plusieurs années de baisse
Source : Statistique Canada Julien Brault . Les Affaires . 07-04-2012